Philippe Arlin
Le viagra féminin

Le viagra féminin, voilà bien un nom qui à lui seul en dit long sur les déconvenues qu’il risque de susciter. Cette nouvelle pilule, qui elle sera rose, se veut l’alliée des femmes en perte de désir, belle intention mais qu’en est-il vraiment ?
Cette pilule, l’Addyi agit au niveau du cerveau en ciblant les neurotransmetteurs ayant un impact sur la libido, et augmente la dopamine et la norépinephrine. Son but est d’augmenter le désir et non pas les compétences physique comme le viagra. Il est d’ailleurs très révélateur que l’on confonde les deux, en effet le viagra n’agit pas sur le désir mais sur la possibilité de le mettre en action car rappelons le, l’érection est indépendante du désir. Les utilisateurs du viagra le savent bien, ce n’est pas l’envie qui leur manque mais la possibilité physique de passer à l’acte. Comparer ces deux pilules reviendrait du coup à dire que l’addyi augmente par exemple la lubrification vaginale, rendant ainsi pour les femmes le rapport sexuelle possible.
Une fois cette erreur levée que peut-on en dire, d’abord d’un point de vue purement pratique, il s’agira d’un traitement de fond prescrit sur ordonnance aux femmes non ménopausées et qui devra se prendre tous les soirs pendant 4 semaines. Si au niveau des tests on constate une amélioration du nombre de rapports, celle-ci est peu significative et les effets secondaires possibles ne sont pas négligeables : chutes de tension, des insomnies et des syncopes.
Alors prudence et si dans certains cas précis, elle pourra être utile, son aide ne peut être que ponctuelle et le problème de fond devra être traité car il serait naïf de croire qu’une simple pilule va le résoudre. Donnons-nous plutôt les moyens de comprendre le désir féminin en donnant la parole aux femmes et n’oublions jamais que le plus puissant des aphrodisiaques est une relation harmonieuse et épanouie basée sur le dialogue et le respect.

Le Féminisme a-t-il encore un sens?
Mon action militante à Solidarité Sida